Le mont Fuji, appelé couramment Fuji San par les Japonais, est la plus haute montagne du Japon: 3776 m.
Situé à la limite des préfectures de Shizuoka et Yamanashi au sud ouest de Tôkyô, ce volcan en sommeil, dont le cratère du sommet a un diamètre d'environ 800 m et une profondeur de 250 m, forme un cône presque parfait. Fuji San est l'une des plus jeunes montagnes de l'archipel japonais. On estime que ce volcan commença à émerger de terre il y a 25000 ans et qu'il a acquis sa forme actuel vers 8000 avant JC.
Le nom "Fuji" deriverait du mot ainu "Fuchi"signifiant "feu" et désignant aussi le nom d'une divinité du feu propre aux croyances chamaniques du peuple ainu.
Depuis sa première éruption historique en 864, 17 autres ont été observées. Et des études géologiques ont apporté des évidences de nombreuses éruptions ayant eu lieu bien avant le 9e siècle. Selon une vieille légende japonaise, les éruptions du mont Fuji seraient l'expression de l'amour fou qu'un ancien gouverneur de la région portait à une princesse immortelle originaire de la lune: la princesse Kaguya. La dernière grande colère de sa Majesté Fuji San remonte à 1707; les cendres produites alors par le volcan furent projetées jusqu'à la cité d'Edo (ancien Tôkyô) sise à 100 km de là. En réalité l'activité volcanique du mont Fuji est le fait d'un des trois petits volcans qui l'accompagnent: le Shin Fuji.
Le peuple japonais vénère Fuji San depuis le 8e siècle au moins, comme l'atteste quelques poèmes du Man'yôshû (grande anthologie de poésie compilée vers 760). Sa magnificence et le danger potentiel qu'il représente lui inspirent un profond respect.
Selon une croyance populaire, le mont Fuji serait habité par une divinité shintô: la princesse Konohana Sakuya (Sengen Myôjin ou encore Asama) qui possède le pouvoir de faire fleurir les plantes. C'est pourquoi, afin de ne pas éveiller la jalousie de celle-ci, l'ascension de la montagne sacrée fut longtemps interdite aux femmes. Cette interdiction ne fut levée qu'en 1872...
De nos jours, Fuji San, dont l'ascension est officiellement autorisée du 1er juillet au 31 août, attire chaque année sur ses pentes plusieurs centaines de milliers de marcheurs et d'alpinistes. La piste la plus populaire menant au sommet est celle de la face nord qui s'ouvre près du lac Kawaguchi. Huit relais, ouverts seulement pendant la période officielle d'ascension, sont répartis sur le parcours; les cinq premiers sont accessibles en voiture ou en car. En été, la plupart des grimpeurs préfèrent progresser de nuit afin d'atteindre le sommet au petit matin et d'assister, lorsque le temps le permet, au spectaculaire lever de l'astre solaire (autre symbole du Japon éternel) au-dessus des nuages couvrant l'océan pacifique. En hiver, les pentes enneigées du volcan font la joie des skieurs et des snowboarders; quelques courageux font l'ascension jusqu'au sommet où la température peut descendre jusquà -25°C...
Au sommet du volcan on trouve trois sanctuaires, dont l'un: le Sengen jinja, est dédié à Asama, une station météo (la plus haute du monde), une poste qui délivre pendant l'été des certificats attestant votre exploit d'être parvenu au sommet du mont Fuji, et une... cabine téléphonique !
De tout temps la beauté de Fuji San a été louée par les poètes et les peintres ("36 vues du mont Fuji" d'Hokusai...). Et aujourd'hui elle fait le bonheur des photographes d'autant plus que les moments où le volcan n'est pas caché par des nuages sont rares...
Il existe une association rassemblant les adorateurs du mont Fuji: Fuji Kô. Ses membres vouent un culte d'inspiration shintô à Fuji San. Chaque année, début juillet, ils se réunissent dans les sanctuaires au pied du mont Fuji et annoncent par divers cérémonies religieuses l'ouverture de Fuji San (yamabiraki) puis ils escaladent l'objet de leur dévotion perpétuant un rite observé depuis le debut du 17e siècle. Fin août, les adorateurs de Fuji San proclament sa fermeture au cours d'une cérémonie du feu en l'honneur de la déesse Konohana Sakuya.
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